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A propos de l'AIPDP

L’Association pour l’innovation pédagogique et le développement professionnel (AIPDP) est un organisme éducatif d’assurance qualité à but non lucratif (loi no 90/053 1990) dont la principale mission est de contribuer à l’enrichissement de la qualité de l’enseignement et de développement professionnel du personnel en Afrique et dans le monde. L’AIPDP qui se veut un lieu privilégié d’échange et de réflexion…

Les missions de l' AIPDP

Evènement : Colloque scientifique international sur le thème « L’approche par compétences et la question de l’adéquation formation/emploi-Quels enjeux pour l’Afrique à l’ère du numérique ?»

Axes du colloque

L’ère numérique a engendré le changement de paradigme où les apprenants sont désormais les principaux acteurs de leur apprentissage. Ces derniers, appelés Génération Z, sont nés entre 1995 et 2010 avec Internet et ne se reconnaissent pas forcément dans l’approche d’enseignement classique. Ils souhaitent donc apprendre autrement. Or, la méconnaissance d’une telle génération d’apprenants peut s’avérer un handicap pour tous les enseignants d’aujourd’hui. Pourtant, au 21è siècle, le monde de l’éducation a une obligation de repenser l’enseignement et l’apprentissage en intégrant les Technologies de l’information et de communication afin de mieux répondre aux exigences de cette génération qui désire apprendre dans un environnement interactif. Dans un tel contexte, il est clair que le développement accéléré des innovations technologiques ouvre de nouveaux horizons à l’éducation de demain surtout avec les réseaux sociaux, le téléphone intelligent, Instagram, Facebook, tablette numérique, etc.

Par ailleurs, le monde de l’éducation vit de nombreux changements depuis plusieurs années, en termes d’innovations pédagogiques, technologiques et de gouvernance. Pendant ce temps, plusieurs pays africains, dont le Gabon, ont pris la résolution d’entrer dans le système LMD (Licence, Maitrise et Doctorat). Ces changements ont un impact considérable sur les différents acteurs du milieu éducatif et professionnel (Ngoya, 2016). Même si certains acteurs de l’éducation estiment qu’adhérer au système LMD permettrait d’ajuster les programmes de formation et une meilleure insertion professionnelle, force est de constater que de véritables débats sur la question sont rares et presque inexistants. Pourtant, il est clair que les personnes qui s’engagent dans une démarche d’innovation s’interrogent non seulement sur l’impact que ce changement serait susceptible d’avoir sur elles-mêmes, mais aussi sur les effets d’une telle innovation sur les autres. Plus précisément, les enseignants ou les professionnels qui innovent doivent s’interroger sur les types de formation pouvant favoriser le développement de leurs compétences. De plus, ils doivent se pencher sur les approches pédagogiques les mieux adaptées pour développer lesdites compétences, ainsi que les pratiques d’évaluation des apprentissages innovatrices pouvant témoigner le développement des compétences des étudiants ou le développement du personnel.

Dans un contexte de forte concurrence et de contraintes budgétaires, quelles approches pédagogiques les établissements scolaires et universitaires peuvent-ils adopter pour dispenser un enseignement de qualité ? Quelles sont les approches pédagogiques les plus couramment utilisées en Afrique et en Amérique du Nord ? Comment les enseignants en provenance de ces deux continents amènent-ils leurs étudiants à développer leurs compétences? L’approche par compétences constitue-t-elle en soit un levier pour l’innovation pédagogique? Comment les pratiques numériques influencent-elles l’apprentissage et l’enseignement? Qu’est ce qui caractérise les apprenants d’aujourd’hui et comment apprennent-ils ? Quels modèles d’enseignement faut-il privilégier pour dispenser un enseignement de qualité? Ces questions sont loin d’être fermées et méritent d’être discutées et approfondies afin de trouver des pistes de solutions envisageables pour soutenir les enseignants dans leurs pratiques novatrices.

Il semble donc indispensable pour les enseignants d’aujourd’hui de prendre conscience des caractéristiques des différentes Générations d’apprenants afin d’utiliser les approches pédagogiques innovatrices les mieux appropriées pouvant favoriser le développement de compétences et leur réussite.

En milieu éducatif et professionnel, l’intégration du numérique est désormais incontournable. En effet, les numériques ont une influence croissante sur l’évolution de la société en général et affectent de plus en plus les dimensions économiques, sociales et éducatives (Redecker, 2010). Sur le plan éducatif et professionnel, ces différents changements sont perçus par l’apparition de nouvelles caractéristiques dans les milieux respectifs.

D’ailleurs, une étude de Doray et Morroy (2005) sur l’analyse du rapprochement école-entreprise montre entre autres que le :

« passage en entreprise est un pas vers l’insertion professionnelle et l’apprentissage des règles, des valeurs et des normes qui régissent l’entreprise. Il introduit les étudiantes aux conditions réelles de travail, il les forme à des logiciels différents et développe chez elle le sens des responsabilités, ce qui est reconnu par tous. Les étudiantes manifestent, au retour du stage, une plus grande motivation. La relation pédagogique devient plus facile, en raison de l’intérêt croissant des étudiantes pour les cours (…). L’évaluation et les commentaires à propos des stages ouvrent aussi la voie à des ajustements pédagogiques possibles dans les cours » p.214.

Ainsi, même si ces auteurs estiment que l’expérience vécue en milieu de travail peut être bénéfique sur le plan de la connaissance des métiers et de l’insertion professionnelle, il n’en demeure pas moins que l’internet et les smartphones évoluent très rapidement et affectent les activités d’enseignement, le comportement des apprenants et les résultats scolaires (Kumar et Radcliffe, 2019). Il s’avère donc impératif pour la communauté éducative de réagir en temps opportun à tout nouveau développement afin de favoriser le développement de compétences et l’optimisation des résultats en classe. Or, force est de constater que les enseignants ne sont pas suffisamment outillés pour tirer avantage de l’explosion de l’information à l’ère du numérique.

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT, 2005), l’accélération de la croissance économique en Afrique subsaharienne au cours des années 2000 n’a pas abouti à une forte amélioration de la performance du marché du travail, en dépit de certains progrès, observés pendant les années 1990. En s’interrogeant sur les causes de cette baisse de performance, le système éducatif semble porter une grande part de responsabilité au regard de l’inadéquation formation-emploi. Pour que les réformes dans le secteur de l’éducation cheminent de pair avec l’emploi des jeunes, Stiftung (2014) pense qu’il faudrait une certaine concertation entre le Ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et d’autres ministères.

En effet, l’arrimage des programmes de formation aux réalités des entreprises peut être vu comme étant l’adoption par les établissements scolaires et universitaires des compétences et des attitudes propres aux entreprises. Il s’avère donc primordial pour ces institutions de s’ajuster aux impératifs des milieux professionnels, d’autant plus que l’un des objectifs fixés par l’éducation est de favoriser l’intégration des individus au marché de l’emploi. Dans une telle optique, il parait important de s’assurer qu’il y ait une adéquation entre les formations suivies par une personne et les réalités vécues en milieu professionnel. Or, pour maintenir une assurance qualité des programmes d’études et de formation, la question de l’arrimage entre les pratiques éducatives et les réalités organisationnelles reste à élucider, car les milieux éducatifs et professionnels ne disposent pas suffisamment d’outils ni d’informations sur la façon de réaliser l’arrimage. Le système éducatif devra donc former et mettre à la disposition du marché du travail, une main-d’œuvre ayant des compétences correspondant aux attentes des entreprises. Cette manière de procéder pourra entrainer des réformes tant souhaitées par la communauté éducative et favoriser l’adéquation formation-emploi dès la base. C’est justement à ce niveau que l’intégration du numérique en milieu éducatif et professionnel s’avère incontournable.

Ce 3e colloque scientifique international organisé par l’AIPDP vise entre autres à répondre aux différentes questions soulevées ci-dessous : Quelles sont les stratégies de formation de main-d’œuvre pouvant répondre aux besoins du marché du travail afin d’optimiser la productivité et d’assurer la compétitivité des entreprises Africaines en général et Gabonaise en particulier au 21e siècle? Comment les entreprises du numérique peuvent mobiliser les différents types de formation pour faire face au renouvellement des compétences? Comment améliorer les méthodes d’enseignement et d’apprentissage à partir des plates formes numériques?

Depuis plusieurs années, les problèmes liés à la santé psychologique au travail (SPT) augmentent de façon considérable et représentent pour les travailleurs du milieu éducatif et professionnel un enjeu de plus en plus inquiétant (Dagenais-Desmarais et Privé, 2010; Ngoya, 2016). De plus, dans les milieux éducatifs et professionnels, peu d’efforts ont été consacrés pour développer les connaissances sur le bien-être psychologique au travail arrimé à la réalité des professionnels. Pourtant, ceux-ci constituent la principale source de développement stratégique pour l’évolution des milieux professionnels. Cela suppose que pour toute institution ou organisation, le principal enjeu est le bien-être des employés et leur valorisation. Toutefois, le contexte éducatif et organisationnel actuel des pays africains et du Bénin en particulier, offre peu d’outils pédagogiques pour préparer les enseignants et les autres professionnels à mieux gérer leur bien-être psychologique au travail.

Ce troisième axe de colloque qui s’intéresse particulièrement au développement professionnel et la santé psychologique au travail permettra de présenter divers moyens pour développer des compétences psychologiques en vue d’une meilleure insertion professionnelle.

Selon les Nations Unies (2014), les objectifs de développement durable (ODD) donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ainsi, les ODD sont au cœur des systèmes éducatifs de tous les pays membres ayant adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030. D’ailleurs, lors du 1er colloque scientifique international organisé au Palais des Congrès de Yaoundé (2018), l’Inspecteur pédagogique de second degré M. Lucien Kokou avait précisé que des dix-sept (17) ODD adoptés au siège des Nations Unies à New York en 2015, deux (2) interpellent particulièrement les systèmes éducatifs des pays africains, soit :

(1) « garantir une éducation de qualité, sans exclusion, équitable avec possibilités d’apprentissage pour tous tout au long de la vie » et (2) « promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous. ». Selon l’Inspecteur, si l’approche par compétences (APC) était la mieux indiquée pour répondre à l’atteinte des ODD, il n’en demeure pas moins que

« … dans certains pays, l’utilisation des dispositifs professionnalisant dans une dynamique ouverte à la réflexivité demeure un principe de base de la formation professionnelle des futurs enseignants, d’autres pays comme le Bénin en sont encore à des formes d’apprentissage calquées sur le mimétisme et l’imposition des savoirs professionnels. Ces modèles de formation ne produisent pas les mêmes résultats. »

Ces propos de l’Inspecteur (ancien Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle) vont dans le même sens que le gouvernement du Canada qui estime que l’éducation est la clé qui permettra d’atteindre les ODD. C’est ainsi que dans son budget de 2018, le gouvernement du Canada avait consacré une somme de 49,4 millions de dollars sur 13 ans afin de faciliter l’atteinte des ODD, dans la mesure où lorsque les personnes ont accès à un enseignement de qualité, elles peuvent non seulement rompre le cycle de la pauvreté, mais aussi trouver les moyens de vivre de façon plus saine et plus durable. Or, les progrès en matière d’ODD sont insuffisants dans la plupart des pays Africains pour atteindre les objectifs et la cible du Programme énoncé par les Nations Unies d’ici 2030.

« Cela est particulièrement vrai pour les groupes les plus défavorisés et marginalisés. Les jeunes sont trois fois plus susceptibles d’être sans emploi que les adultes. Moins de la moitié de tous les enfants et adolescents n’ont pas le niveau minimal de compétence en lecture et en mathématiques. » (ONU, 2018, p.3)

Ainsi, la réa­lisation dudit Programme tel que prescrit par l’ONU nécessite des mesures imminentes et énergiques de la part des pays Africains, avec des partenariats de collaboration entre les gouvernements, les acteurs du milieu éducatif et professionnel à tous les niveaux. Cet ambitieux programme exige une modification approfondie en matière de formation du personnel enseignant et professionnel tel que décrit dans le plan sectoriel de l’éducation Post 2015 (2018-2030) du gouvernement Béninois.

Étant donné que l’un des buts des ODD est d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité et de promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, ce 2e colloque scientifique international de l’AIPDP visera entre autres à répondre aux différentes questions qui sont constamment soulevées en milieu éducatif et professionnel, à savoir :

Quelles sont les stratégies de mise en place des ODD en milieu éducatif et professionnel en Afrique au 21e siècle?  Comment intégrer efficacement les ODD dans les curricula? Comment les enseignants d’aujourd’hui peuvent-ils concevoir les outils pédagogiques en visant l’atteinte les ODD?

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